vendredi 9 mai 2014
mardi 6 mai 2014
22 joins
je pourrais écrire des heures durant : certains jours.
Mon oeil exploserait sous la clarté mutilante de l’écran.
S’escrimer dans l’abstrait, d’autres l’ont fait.
Je feuillette « le livre de l’intranquillité » de fernando pessoa et mon esprit voit s’afficher des titres qui l’on tatoué « retombée de sombrero », « La pêche à la truite en Amérique », Brautigan ou des phrases de burroughs : -panama collait à nos corps-.
Je n’ai jamais demandé à l’être aimé : »épouse-moi ». Je voulais croire que cela faisait partie de ma conception du monde « marxisante » et d’une certaine défiance du pronom possessif mais je dois convenir que c’était surtout par cette faille de l’origine, ce vide si particulier, cet indéfini qui m’emplit.
Qui plus que moi se défie de moi. Et j’en ignore le pourquoi.
Avec le temps quelques idées m’ont effleuré.
J’ai longtemps cru que « ma famille » se défiait de moi. Je me trompais c’était pire, j’étais le miroir de leur dire, je leur renvoyais leur image déficiente à assumer, une histoire dont je n’étais qu’une excroissance. J’aurai pu tuer, les tuer pour cette blessure. Je fis pire par ma simple présence en leurs derniers instants.
Ce ne furent pas des actes délibérés. Ce ne fut pas non plus une vengeance mais un contre feu de mots aux maux. Une naïveté de plus. Je n’avais pas la crédulité d’en sortir indemne mais l’avais-je été, l’étions-nous si tôt que nous entrons en scène.
Il me plaît de rire de moi, de prendre cette distance et d’anticiper sur ces surprises de la vie qui nous glissent peau de banane et autres vertiges sur nos abysses. Je crois en notre solitude : définitive.
Même les hommes en meute sont des flux de solitude, ils en puisent de l’arrogance et mourront seul.
Cet état de solitude ne nous réduit pas à l’isolement ou à l’indifférence. Elle invite et incite chacun à une empathie non feinte. Etre présent à autrui n’est pas un vain mot et peut être un acte de parole et une solidarité effective. L’amour plus qu’un vain mot, un mot chair. J’ai sur le silence plus que des réticences quand il n’est que silence.
Cet état de solitude ne nous réduit pas à l’isolement ou à l’indifférence. Elle invite et incite chacun à une empathie non feinte. Etre présent à autrui n’est pas un vain mot et peut être un acte de parole et une solidarité effective. L’amour plus qu’un vain mot, un mot chair. J’ai sur le silence plus que des réticences quand il n’est que silence.
Que chacun soupèse ses silences et ses actes.
Je veux bien passer pour un bisounours, un gentil garçon. Je suis ce que mes forces d’être.
Rassurez vous, je me défie aussi de vous. Je regarde évoluer autrui avec la même ironie que je suis mes tribulations. Mais je ne fais nul commentaire sur les fiers à bras, les réponses-à-tout, les professionnels de la profession au masculin ou au féminin. Je regarde sans acrimonie celui-celle qui pourfend autrui et s’exonère à bon compte de ses entrechats, tous ces petits accommodements de notre médiocrité
La voix de Dylan charmait mon adolescence plus que le sens de ses contines où je ne décelais qu’une fragilité si ce n’est semblable du moins faisant résonance.
Dylan me fit écrire des lettres d’amour, me glissa ce plaisir de chanter l’autre, le possible d’une rencontre.
Dylan me fit écrire des lettres d’amour, me glissa ce plaisir de chanter l’autre, le possible d’une rencontre.
A ce jour
Il faudrait afficher son mode d’emploi. Pour ne pas dire son cv.
Je ne lis pas les modes d’emploi. C’est un tort. Pros bla bla ment
Je ne lis pas les modes d’emploi. C’est un tort. Pros bla bla ment
Ils procèdent d’une rigueur somme toute logique, un de ces pas à pas qui vous évite les faux.
Please to meat yu
Euh Darling
Euh Darling
Je garde un faible pour
-LOVE MINUS ZERO/NO LIMIT
6 mai 2014
je glissais vers le nulle part zen avec cette inquiétude qu'offre l'incompréhension.
Le besoin de sens et le doute ficellent l'obsessionnel.
La psy de mon service m'avait glissé deux adresses où aller consulter. Je lui avais raconté mon rêve de ce dimanche 4 mai que j’avais retranscrit dans Facebook :
« me retrouvais à bosser pour un institut de sondage. Le boss m'avait accueilli d'un "votre profil m'intéresse", le genre de phrase qui lui épargnait toute négociation salariale et m'irriguait d'un esprit de winner.
A 62 balais, se lancer dans un « nouveau challenge », vous transforme vieil homme en jeune.
La psy m’offrait son sourire -je-suis-captivée-,
je poursuivais:
Le boss sortit un dossier et ajouta "là, nous innovons dans le sur mesure, vous allez interviewer des personnes selon le desiderata du client, vous ferez un descriptif précis de l'interviewé, cadre de vie, habillement, jusqu'à la manière dont on vous ouvre la porte".
La dame opinait de la tête. J'avouais :
-Tout était limpide, je n'entendrais plus gémir-
Je continuais
Je continuais
"Ah, ajouta-t-il vous avez un véhicule de fonction.
A observer mon ravissement, il ponctua "prenez en bien soin, c'est un prototype". Il me tendit une pochette que j'ouvris croyant découvrir l'assurance. Il s'agissait du mode d’emploi d'une sorte de navette spatio-temporelle et là il précisa "c'est cela, vous allez interviewer des personnes du passé avant de songer au présent. »
Comme j’entrais là dans une autre dimension je glissais à ma bienveillante collègue que
Comme j’entrais là dans une autre dimension je glissais à ma bienveillante collègue que
le cancer (moi) est un individu casanier qui s'éprend aussi de la nouveauté. Et bien sûr dans mon rêve, le recruteur l’avait deviné.
L’aparté faite, je lui restituais la fin :
"Ah reprit le boss (Ah était son interjection favorite), votre client a choisi une seule question que vous prononcerez d'un ton le plus neutre possible et qui est : - Comment peux tu vivre sans moi?-«
Elle avait écouté jusqu’au bout. La chef s’était même pointée vers la fin de ma narration, elle est très soucieuse de l’état de son équipe et nous convînmes (là je vérifie la conjugaison, je dis cela pour mes enfants qui n’osent pas)) d’un regard trois fois partagé que la consultation était terminée. J’en étais un peu frustré. La professionnelle le perçut et là me glissa les deux adresses qu’elle m’avait fourni un an auparavant.
J’étais allé répondre à une sonnette avec le sentiment de l’inaccompli.
J’avais en tête une fin qui complétait mon rêve et qui lui donnait une amplitude et une chute tragi-comique. J’étais un gros mytho.
Il faut déontologiquement en rester au rêve, ne pas fabuler.
Les faits que les faits sinon tu altères le récit d’un faux témoignage et là tu pervertis non seulement la narration mais ton propre devenir. Je me parle ainsi à voix basse pour me recadrer. Avec un mec comme moi, c’est une nécessité.
Les faits que les faits sinon tu altères le récit d’un faux témoignage et là tu pervertis non seulement la narration mais ton propre devenir. Je me parle ainsi à voix basse pour me recadrer. Avec un mec comme moi, c’est une nécessité.
J’en connaissais un bout sur cette notion de faux témoignage dans la manipulation des existences. La matinée se terminait et chaque sonnette résonnait comme une annotation de plus sur ce rêve intrigant qui pourrait être un récit avec une fin.
Je voyais les personnages se succéder 20 ans, 30 ans 35, 40, elles n’avaient pas changé, leurs surprises semblaient moins la question que la physionomie de l’interviewer devant leurs yeux. Chaque fois je prononçais la question « comment peux tu vivre sans moi » et les visages se détendaient, rayonnaient. C’était , il est vrai, le genre de question fermée terriblement ouverte à un aveu libérateur. Et je ne pouvais pas la modifier. J’étais télé transporté loin des couloirs de la souffrance dans des espaces-temps que des voix féminines jalonnaient d’immuables « mais très bien »
Dans un très bel essai intitulé "l'amour inconscient" Daniel Sibony note :
-l'obsessionnel croit en une certitude qui n'est autre que la coïncidence entre lui et l'autre, coïncidence où l'un dans l'autre s'abolit-
samedi 26 avril 2014
mai 1994 septembre 2009
il fallait
avant que ma mémoire se délite
ces mots, point trop,
elle ne les liraient pas.
-Cet étrange paradoxe d’avoir des enfants
hors de l’amour
hors de cette confiance irriguante
hors de ce besoin insensé et palpable de l’autre
hors de cette soif de la voix qui abreuve
hors de ces acmés de l’étreinte et d’un rire
hors du frôlement des lèvres et du dire
hors de ce seuil de reconnaissance
qui inscrivent l’élection mutuelle
qui inscrivent l’alliance à tisser
qui inscrivent l’indéfectible de la présence à l’autre,
un pacte même muet/même secret
dans cette trame singulière
qui lie les êtres à une naissance
qui lie les êtres à une naissance
et édifie :
-en hébreu Aimer et Bâtir sont noués par étymologie-.
Ni l’un ni l’autre n'étions « hébreux ».
Avions si peu bâti en communion
bien plus pâti
-lui dire
qu’avoir d’elle, ces enfants
signifiait de l' amour
s'ignifier la brûlure
s'ignifier la brûlure
et le sens s’avère parfois
pour l’autre
insignifiant-
vendredi 25 avril 2014
22/06
flux flou
la narration comme une adresse, une érosion
de ce qui se détache dans l’instant
de moi.
Gagner sa liberté sous le regard de l’autre,
toujours un effeuillage de mots.
de ce qui se détache dans l’instant
de moi.
Gagner sa liberté sous le regard de l’autre,
toujours un effeuillage de mots.
Phréatiquement, se frayer sans s’effrayer.
Je suis fait de mes lectures et de sons
qui m’ont cueilli à l’adolescence.
On n’est pas trahi par ses lectures,
on est crucifié par ses proches.
Je ne regrette rien.
Si ce ne sont mes lâchetés et les blessures occasionnées.
Mon sentiment de culpabilité est lucide et mesuré.
I pay the bill.
Voulais être meilleur.
Sans plus.
Mais n’en fis pas une obsession.
Fus plus exigeant envers les autres qu’envers moi-même.
Ceci ne fut pas le moindre de mes défauts.
Par ingénuité, je réclamais un chèque en blanc.
Par ingénuité.
« Etre aimé » ou « ne pas tuer »
restent des injonctions idéales d’une signalétique virtuelle.
restent des injonctions idéales d’une signalétique virtuelle.
J’aime bien cette phrase et suis surpris
de la voir surgir de mon esprit fixé sur un clavier.
de la voir surgir de mon esprit fixé sur un clavier.
J’ai collé sur mon front intérieur des post it de cet ordre.
Un peu sentencieux, un peu définitifs parfois charmants
toujours dérisoires
Dans la fin des années 70, des phrases de William Burroughs me zébraient l'esprit.
-« comprenez bien ceci, je n’ai pas de motifs, j’agis à propos et j’agis automatiquement »-
-« le but de l’écriture est de faire arriver les choses »-
L’écriture comme champ d’existence,
de constitution plus que d’expression.
La parole écrite comme une érection, se hisser.
Loin du verbe je rampe.
Une gravité en quête de centre.
Je comprends que cette velléité à écrire ainsi
soit brocardée comme pusillanime voire narcissique.
Cela certes me blesse et m’a toujours blessé.
Il est rare de trouver sur sa route des esprits-corps
qui vous entendent ou qui en résonance,
d’un sourire vous encouragent.
Je n’en ai pas manqué et n’ai pas su les entendre.
Le sésame à mon être pourrait avoir ce libellé :
-Chérie, si tu veux jouir,
ne perds pas ton temps avec moi »-
Cervantés n’a pas murmuré à mon oreille son Don Quichotte mais Sancho en moi pensa
à ces châteaux en Espagne ou ailleurs.
Le premier qui dit que je suis un doux rêveur devrait compter le nombre de corps que j’ai lavé ces dernières années.
La parole écrite comme une érection, se hisser.
Loin du verbe je rampe.
Une gravité en quête de centre.
Je comprends que cette velléité à écrire ainsi
soit brocardée comme pusillanime voire narcissique.
Cela certes me blesse et m’a toujours blessé.
Il est rare de trouver sur sa route des esprits-corps
qui vous entendent ou qui en résonance,
d’un sourire vous encouragent.
Je n’en ai pas manqué et n’ai pas su les entendre.
Le sésame à mon être pourrait avoir ce libellé :
-Chérie, si tu veux jouir,
ne perds pas ton temps avec moi »-
Cervantés n’a pas murmuré à mon oreille son Don Quichotte mais Sancho en moi pensa
à ces châteaux en Espagne ou ailleurs.
Le premier qui dit que je suis un doux rêveur devrait compter le nombre de corps que j’ai lavé ces dernières années.
Je suis un amant hors père mais ne suis pas un père en or.
Celles qui m’ont essayé ne m’ont pas adopté
Fragilité de l’ai non sait.
Celles qui m’ont essayé ne m’ont pas adopté
Fragilité de l’ai non sait.
Je suis philosémite par bon sens
épris des maux.
épris des maux.
Lamma lamma Sabbactani
je ne gémirai pas maman dans mon dernier instant
je ne gémirai pas maman dans mon dernier instant
j’ai peur de l’aphasie, de la souffrance aussi
les conneries je peux les dire sans morphine
j’aimerai bien que l’on lave mon corps au champagne
j’aimerai bien que l’on lave mon corps au champagne
dans l’ultime toilette sans « prendre de gants ».
On dira de lui
-il préférait « les révoltés du Bounty à Mars attaque »-
je n’aime pas les gens qui rient des autres
-les écrits sans queue ni tête sortent des abattoirs-
mon rosaire est fait du seul prénom des êtres aimés
je ne passe jamais plus d’une demie heure au clavier
par mesure d’hygiène.
ma blessure est un vide du nom
ma blessure est un vide du nom
non un vide
lundi 21 avril 2014
samedi 12 avril 2014
12/04/2014
je crois
j’ai ce sentiment ancré
d’une solitude originelle
à fleur de peau
une connaissance puisée dans la matrice
que la vie serait danger.
Fus mis au monde par Suzanne Lavis : sage -femme à Marseille (livret de famille à l’appui).
Fus mis au monde par Suzanne Lavis : sage -femme à Marseille (livret de famille à l’appui).
Le mot danger n’existe pas dans le mental du baby born
Il y a probablement la violence de la lumière
le froid hors de la matrice
la pression soudaine des mains qui extirpent
les forceps pour certains
Le bruit, les sons les voix
Nous pouvons considérer que toute naissance est violence et danger.
je garde en tête la naissance de Venezia.
« Je sens la tête disait sa mère »
mes mains en guise de forceps
« Je sens la tête disait sa mère »
mes mains en guise de forceps
Même dans ce temps exceptionnel où
une femme arrive à contrôler son propre corps,
sa propre souffrance
et où le foetus cherche sa liberté
forant de sa tête l’étroit passage
saisie par mes mains dont la bienveillance
était aussi étau
l’extrayant de sa matrice.
l’extrayant de sa matrice.
Et ce choc-rencontre
avec
premier contact de son « nouveau-monde ».
Le cri primal
n’est pas qu’une simple transition respiratoire
vers ce monde extérieur
Il dit que vie et violence
sont consubstantiel à notre origine
Le foal sort de sa mère
roule à terre et
Le foal sort de sa mère
roule à terre et
se dresse.
Humains, nous sommes plus démunis
tributaires, dépendant de l’autre.
Point de langage
Point de compréhension de ce qui advient
Au début la violence des balbutiements.
Je dis violence car souvenons nous à l’âge de raison
la violence en nous d’une incompréhension.
J’ai mis du temps à comprendre
cette empathie en moi pour les êtres blessés
à l’origine.
Parfois entre nous s’est forgé ce langage muet
d’un toucher qui dit toute la vibration.
La jouissance n’est pas le fonctionnement d’organes en leur acmé
tributaires, dépendant de l’autre.
Point de langage
Point de compréhension de ce qui advient
Au début la violence des balbutiements.
Je dis violence car souvenons nous à l’âge de raison
la violence en nous d’une incompréhension.
J’ai mis du temps à comprendre
cette empathie en moi pour les êtres blessés
à l’origine.
Parfois entre nous s’est forgé ce langage muet
d’un toucher qui dit toute la vibration.
La jouissance n’est pas le fonctionnement d’organes en leur acmé
mais ce savoir atteint en tangence à l’autre
d’un partage et d’un pacte
d’un partage et d’un pacte
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