dimanche 12 octobre 2008

lunedi 13


Découvrez Lucio Dalla!


solo a casa oggi, me suis mis à écouter ce morceau et la nostalgie de ce que je n'avais jamais vécu m'a submergé.
La nostalgie de la langue, de cette partie de mon origine que je connais. L'italien a toujours résonné à mon oreille comme un message biblique. Il y avait la voix de la nonna qui jouait de ces sonorités pour transmettre ses dits commandements. Il y avait l'obligation de répondre en français. Me suis construit, toujours à la marge. Chez mes cousins piémontais, j'étais le français, dans ma famille, j'étais le secret.
Cette nostalgie que je ressens tient peut être à cette acceptation de ces regards que l'on jette sur vous, à ces définitions à l'emporte pièce qui vous tracent le chemin, à ce besoin conformiste que tous les petits canards noirs ressentent et que j'appelle le gout de la défaite avant le combat.
Je ne chercherai jamais à être bilingue car l'italie n'est pas mon histoire. Je me sens comme un "finistére" de la péninsule. L'ultime rocher laissé, simplement battu, érodé et vivifié par les flots.
Je regarde ailleurs, seules les sonorités portées par certains vents me parviennent. Je suis cet ultime rocher, trop pétrifié pour se détacher et devenir un IL mais conscient de sa topologie. Je ne suis pas le seul rocher sous cette latitude comme si certaines familles de migrants, fécondaient par accident ces "taire" si propices à édifier des sémaphores.
Cette idée m'a permis de me découvrir un frère sans nostalgie!

17 octobre

achetez "vendredi" nouvel hebdo ds les bons kiosques
parait-il?


Découvrez Genesis!

samedi 11 octobre 2008

octobre sabato





















sabato : j'eusses aimé entendre la mélopée ironique de franck zappa mais l'emploi du temps ne l'aurait pas permis. Certains samedis peuvent être très électriques dans un service, il suffit que se conjuguent à ce nombre réduit de personnel, des entrées intempestives, des familles inquiètes, des déballages-crise de nerf, des alertes phlébites, des blocs à préparer d'urgence, des sonnettes qui réclament de la glace, un bassin, un moment de présence et le temps n'est plus seulement deux aiguilles qui tournent mais votre pas à cadences accélérées.
C'est à ces moments que j'apprécie de travailler avec des êtres qui ne se départissent pas de leur sourire de connivence.
Quand le binôme de nuit est venu prendre le relais, nous sommes restés pour installer les retours de bloc avec nos collégues : par ce que c'était nécessaire, par ce que c'était naturel.

vendredi 10 octobre 2008

janvier


Découvrez John Lennon!


j'ai rarement pris des photos, médusé par l'objet technique ou plus simplement embarrassé par faire un geste qui dénature ce que l'oeil capte quand dans son champ se profile l'être aimé.
Je crois que j'ai toujours été subjugué par les postures qu'elle dessinait, des mimiques, des coiffures inattendues, cette façon si éblouissante de jouer de sa nudité dans ces temps gris des années 70, j'ai gardé deux photos sur un rocher au large de Cannes, un chemisier noué sous ses seins, les cheveux courts teints en noir, la cambrure battue par l'écume des vagues, des photos de voyeur sachant qu'il ne la verrait plus. Il est terrible de faire son deuil du vivant de la personne et je l'ignorais.
Dans un mouvement marin la vie vous livre et retire ; peuplant la mémoire de grains de sable que vous nommez "souvenirs" et le champ meuble s'étend à vos pieds qui s'y enfouissent : émouvant! Moins qu'il n'y parait. Faux pas. Il ne faut pas faire de faux pas.
Peu de crédit à secret d'OH.

jeudi 9 octobre 2008

septembre sceptique


Découvrez Louise Attaque!


je fredonnais louise attaque sur le chantier du tgv, avignon-courtine, les gares je m'en méfie : ah l'attraction des gares.
Parfois le mistral nous faisait fuir les quais, nous restions tard certaines nuits, le chef passait pas mal éméché, nous montions le son. Travailler côte à côte tisse le fil ténu des amitiés. J'étais nourri de fictions de solidarité, c'était un temps ancien. Louise attaque parlait de ces amours qui se faufilent entre nos mains, j'ai longtemps aimé la perte : confusion phonétique sur l'aperto.
Dans une gare, once upon a time j'ai croisé mon double au féminin. Elle mit les mots sur ce qui était en moi : imprononçable.
L'évidence devient vite un vertige. Je ne m'aimais pas suffisamment pour l'aimer pleinement mais la phrase n'offre qu'un masque de plus.
Depuis je contemple le mot abandon comme un brûlot rougeoyant dans ma pupille qui s'obscurcit.

mardi 7 octobre 2008

6 octobre


Découvrez Genesis!


j'écris en sortant du service. Je cherche les sonorités et j'écris sans destination, avec cette idée d'aller au de là du couloir. L'écriture me permet de reparcourir le temps de travail de pointer les moments efficaces, les moments à parfaire. J'ai cette chance "énorme" d'être avec des gens que j'apprécie. Mes critéres sont simples, de la franchise (un peu), un sens critique pour faire progresser, un sens minimum de l'entraide et une bonne dose d'humour. J'écris cela avec d'autant plus de détachement qu'elles ignorent l'existence de ce blog.
Même si le timing de la journée se reproduit presqu'à l'identique, vous savez dès que vous mettez le pied dans le couloir que la journée sera différente de la veille.
Cet axiome m'incite à arriver en avance, histoire de me préparer à comprendre ce que la nuit ou la matinée aura réservé. Bien sûr les collégues qui ont "plus de bouteille" n'ont pas la même appréhension. Disons aussi que ceux sont des "intelligences" plus méthodiques et je ne parle pas de leur vivacité. Pourtant je me sens progresser, bon je ne ferai jamais un lit nickel au carré et j'aurai toujours cette retenue devant un être alité qui m'empêchera de boucler un soin en 15 minutes, mais enfin! Cette reconversion professionnelle à cinquante six balais m'offre une aube printanière, un état privilégié où la pensée peut défricher sans l'appréhension du qu'en dira-t-on.

Je "vois" les filles grandir, la plus jeune est la plus rebelle et la plus surprenante dans ses élans spontanés, généreux et si tranchés. La grande jongle avec ses jeunes certitudes et une assurance "rassurante". J'aurai toujours confiance en ces enfants tant elles laissent éclore avec empressement leurs impatients potentiels. Ceux sont déjà des êtres de passion. Un pays comme une famille devrait investir dans sa jeunesse, miser sur cette nouvelle énergie prête à se confronter à ses rêves.
La tristesse du "politique" aujourd'hui est une question de frilosité et d'esprit comptable.
Bon je vais préparer la minestra!

lundi 6 octobre 2008

5 octobre


Découvrez Carlos Santana!


la lettre écrite à mon géniteur reste sans réponse, c'est peut être pour cela que je me borne à écrire. L'état doux a/mer qu'ainsi je m'offre, veille à revivifier ce doute "originel' sur les familles et un questionnement pour guider mes progénitures vers d'autres certitudes.
J'ai toujours eu plus de chances avec me ami/es. Pourtant je ne peux pas me targuer d'être fidéle et durablement présent avec celles ou ceux qui m'ont offert leur singularité.
Cette aptitude à une amitié dévouée m'a toujours ému. J'ai cette chance depuis la fac d'avoir un de ces êtres qui sait être présent, simplement présent pour partager des moments où les pesanteurs appellent un repos.
J'ai parfois côtoyé des êtres dont la proximité des échanges nous glissaient dans un silence et nos visages irradiés n'avaient besoin de nul diagnostic. "La jouissance d'un dire " pour reprendre l'expression de Daniel Sibony. J'ai connu parfois cet état avec des compagnes et j'ai appelé cela : "amour".
En téléphonant l'autre jour à "barco", j'ai glissé à la fin de l'appel un "je t'aime" qui était plus que de circonstance, tant entre lui et moi depuis ce temps immémorial de notre jeunesse, nous échangeons à demi mots, en contrepoint à nos origines italiennes, confuses et sous contrôle d'un surmoi semblable.
Et ce privilége de deviner l'autre et de rire avant la fin d'une phrase m'a soudain fait penser que j'avais aussi un frère que j'avais ignoré.