mardi 20 janvier 2009
avril 29
je l'appelle venezia en secret et ces trois syllabes comme une essence subtile lui conferent une magie qui depuis sa naissance me trouble. De l'enfance, son visage a gardé la rondeur suave, son front légérement bombé dit déjà la détermination. J'ai découvert ce dimanche que la jeune fille avait passé un de ces paliers qui trace les routes. Sur son cheval de dix fois son poids, je l'ai vue épouser le mouvement avec cette aisance assurée, cuisses fermes, épaules et tête hautes. En quelques sauts dont la hauteur intimide, son travail appliqué de ces derniers mois signait l'ardeur de sa passion.
Ce mérite est le sien.
Il me plaît aussi de la découvrir au travers de ces jeunes êtres qui l'entourent, toutes cavalières, la plupart plus âgées et toutes aussi passionnées. Il me plaît d'entendre leurs cris et leurs joies à s'encourager, il me plaît de surprendre un surnom affectueux qui atteste l'étendue de son charisme en gestation. Oui nous sommes fait de la trame de ceux qui sont seront nos proches, nous sommes leurs accents, leurs espoirs, une part de leur conviction, nous sommes singulier et pluriel
et Venezia come la nave va!
dimanche 18 janvier 2009
solstice/ été
Devant l'amour, Ai tjs versé dans une certaine ingénuité et me reviennent les paroles de cette chanson. Je fredonnais la ritournelle et mon inquiétude comme un granit me mommifiait.
La perte de l'être aimé : l'irrémédiable :
comme un silex incisa mon esprit.
J'ai longtemps eu peur de la folie. Cet état de dissociation où tout est néantisé.
D'avoir passé quelques années en usine à répéter qqs gestes dérisoires fut le prix de ma survie.
Dans ma vie quotidienne, le désarroi ne m'effraie pas. Pour l'avoir visité.
Mes collègues ne comprennent pas mon comportement. Ce n'est pas de l'ordre de la patience et le mot empathie est bien terme terne pour traduire ce qui se passe.
Quand je vois la peur dans un regard, je mesure le défi qui est en jeu. Ce questionnement incessant qui assaille un être et je me dis que l'authenticité de cette épreuve mérite d'être au moins présent.
Ceux qui parlent de sentimentalisme ne parlent pas ma langue.
Le métier que je fais me permet chaque jour d'y voir un peu plus clair dans ces échanges souvent muets.
Dans les années 68/70, je fredonnais la chansonnette à tue tête imaginant le sablier déverser l'ultime heure et la légèreté des accords à mon corps prélevait l'appréhension.
Et puis ce fut le trou noir.
"little darling" les mots devinrent moqueurs où le mot coeur fut extirpé.
mercredi 14 janvier 2009
dopo mars
Découvrez Alain Bashung!
certains jours, quand l’énergie comme une douce nova ne laisse en moi que quelques scintillements suffisants pour tourner la clé du démarreur de la zafira, je cherche en moi tous les fantômes qui ont déversé leurs caresses sur mon corps trop inculte et ces réminiscences amoureuses en chapelet égrenent le retour hypnotique et le temps nécessaire dans le sas pour reprendre un peu vie.
Le temps salarié vous essore.
Je dis bien le temps salarié, non le travail en tant qu’activité humaine. Le temps salarié est toujours cette expropriation de soi-même, pris, passé, tamisé dans des modes d’organisation où se mêlent le stress intentionnel, les petites mesquineries, tous ces modes de “gestion des ressources humaines” dont la finalité reste des modes de coercition.
Je ne sais pourquoi je pense souvent à l’amour après le boulot, ce besoin d’étreindre un corps chaud qui respire et se tend et vous restitue la pulsation vitale, ce doux murmure basique binaire de la pompe cardiaque. Je ne sais pourquoi j’aime respirer des parfums quels qu’ils soient pourvu qu’ils soient, respirer la fragrance d’une ode à la vie.
Je n’étais pas fait pour la vie, pas préparé ni pour l’amour d’ailleurs, mon esprit trop pusillanime. Et de vieillir m’apporte cette sérénité à discerner l’essence et l’essentiel : à faire à suivre comme toute love affair
samedi 10 janvier 2009
22 octobre 51
né à marseille, au coeur de la ville.
Loin des yeux, ai passé ma vie.
Ni répulsion ni attirance.
Un non-lieu en quelque sorte.
Ai tjs eu un sentiment sans racine pour avoir cultivé ce temps de l'enfance entre jardin et campo santo.
Le cimetière est une ville aussi.
Artères exsangues et lamenti au pays de "ceux qui sont partis".
Les rituels convenus, les offrandes menues,
à pleurer sur soi-même ou le vide advenu.
Etrange école de l'avis pour l'enfant que j'étais
Sous l'oeil figé du crucifié, j'allais d'allées en allées
mémorisant des noms
dénombrant les années
dans cet espace de chiffres et de lettres, invite à vous briser.
N'ai jamais voulu m'incliner.
Ce que j'ai rapidement haï dans la religion et cette volonté de vous soumettre et de vous terroriser.
Je laisse aux croyants leurs crédulités ou leurs certitudes, assurées. Je leur laisse ce peu d''humilité devant le savoir et cette sorte d'outrecuidance à oser "penser" à un dieu.
J'ai ceinte une haine des croisés et des voilés de toutes sortes.
Suzanne Lavie m'a sorti de la matrice,
non marie mad.
C'est écrit sur mon délivré de famille et c'était une sage-femme de Marseille
dimanche 4 janvier 2009
d day
Découvrez Les Négresses Vertes!
me suis toujours créé des rituels comme pour innover dans la sacralité quand religion ou paroles ne font plus sens. Plus je devenais athée plus le besoin de sacré m'imposait cette façon d'être pour irriguer le sens sur tant d'aridité.
Ai eu très tôt le besoin d'être l'historien de mon histoire et le poète et le prêtre en tissant des récits et des gestes parfois lyriques, grandiloquents et donc dérisoires mais avec ce gage d'assumer toute la dérision et d'avoir cette jubilation d'en rire.
Être grave dans l'écrit et léger dans la quotidienneté.
Hier, j'ai reçu un cadeau qui résonnera à jamais dans mon esprit. D'un roi mage serti de souffrance, un de ces christ qui nous entourent et que nous n'osons pas regarder tant la douleur plante la mesure de nos existences.
Nous nous cotoyons depuis qqs temps dans une économie de mots et de regards, mes mains gantées sur sa peau blessée, le tenant tandis que l'ange blanc prodigue les soins méticuleux et nécessaires (la beauté d'une infirmière est à saisir à ces moments dans ces instants si difficiles d'un pansement). J'eusses aimé entendre ces mots de mes géniteurs et c'est un inconnu qui les déposent en mon esprit et m'ouvre un espace inespéré.
Il me faudra du temps pour prendre toute la mesure de ces paroles, de fixer son visage en moi et admettre le bienfait mais je sais que ma perception de l'existence s'en trouve vivifiée. Ce jour pour ce dit : sans se dédire¿ à l'avenir comme un souhait.
22
Découvrez Elvis Perkins!
j'écoute elvis P depuis une année, une amie me l'a fait connaître et les sonorités de sa guitare m'ont accompagné de stage en stage souvent à l'aube et j'avais une motivation de plus de sentir cette perception du monde qui me rasséréne, la sachant partagée par someone somewhere.
Il est des êtres qui me rapprochent de moi même et quand je croise un être dont les pensées font écho à ce qui me fonde : je fonds!
vendredi 2 janvier 2009
gennaio, il duo
Découvrez Pink Floyd!
2009 avec du vieux, je ne sais trop pourquoi les pink reviennent en boucle depuis qqs années dans mes gouts revisités. Non pas le gout de déguster de la nostalgie mais d'essayer de comprendre avec le recul, le moment traversé.
La musique a toujours eu en moi l'admirable effet de me restituer ces tranches de vécu où elle s'était greffée.
Loin d'être l'élément complémentaire elle concentre en elle le bloc du passé, mille feuilles de visages-moments-tensions-effractions et je n'imaginais pas qu'il en serait ainsi, je n'ai pas de photos du passé et mes traces mnémoniques sont d'éphéméres morceaux irriguant la tradition orale qui traverse ma culture.
à observer les filles faire leur razzia sur you tube, je pense à ces blocs de temps qui leur reviendront à l'écho d'un tempo.
Le deux janvier, elle naquit! R.I.P.
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