vendredi 24 juillet 2009

octobre rouge

parfois je repasse the clash
pour réactiver ma pensée, la reinserrer dans le magma social où nous baignons bon gré mal gré.






Depuis un an je suis salarié cdisé autrement dit un privilégié avec un salaire fluctuant autour de 1150 euros, convention des cliniques privées de ce pays. Mon propos n'est pas un énième lamenti mais plutôt de faire cet étrange constat de cette régression sociale rampante depuis la fin des années 70. Ce qui me surprend encore est le retour en force de cette morgue des "décisionnaires", j'appelle ainsi ces strates de gens de qqs pouvoirs toujours prêts à vous asséner que vous gagnez trop, que vous ne travaillez pas assez, que l'économie impose des économies, tous ces discours à l'emporte pièce où eux mêmes s'exonèrent de justifier leurs actions, leurs compétences, leur efficience et bien sûr leur salaire. On s'étonne de voir des conflits sociaux devenir menaçant et on oublie de zoomer sur une histoire de France qui ne brille pas pour des traditions de négociations "rationnelles entre patrons et salariés. Les théories dites du gagnant- gagnant me font tjs rire où plutôt ceux-celles qui les exposent.
J'attends de lire une étude sociologique qui montrerait combien l'irrationnalité, la perversité, l'ivresse du moindre pouvoir président au fonctionnement quotidien des structures des équipes et dans le monde de la santé combien encore l'esprit "mandarin" nourrit quarantenaires et cinquantenaires. Mai 68 n'a pas fait changer sur ce plan les mentalités.
Ce soir je pense à un jeune étudiant en médecine qui vient bosser comme aide soignant pour payer ses études. Il y a qqs temps, il s'est fait pourrir par un de ces petits mandarins qui bien sûr n'a pas daigné se justifier.
Ce morceau des "clash" pour lui souhaiter une vie de réussite et de nbs autres anniversaires!

mercredi 22 juillet 2009

giugno

depuis "je suis un autarcique" de nanni moretti, mon existence a basculé dans un autre synopsis.
L'idée d'enfourcher sa propre existence comme un synopsis en création, de choisir monologue et peser sur les dialogues distille une eau de vie dans mon quot i dien!



je ne sais pourquoi j'accéde à une joyeuse jubilation devant les films de ce cinéaste comme si sans avoir vécu sous même latitude, j'adhérais à cette perception du monde toujours un peu décalée ou du moins suffisamment pour révéler plus que le réel n'offre à voir.
J'aime cette posture comique de moretti par ce choix d'être le sujet de ce qui préte à rire.
Ce rire de soi est la posture la plus intéressante, la plus pertinente et pour moi la plus salutaire que des cinéastes comme moretti ou woody allen ont su projeter, elle a ce mérite d'ouvrir des situations porte à faux dans le discours du quotidien et d'éclairer l'existence de ces effets -surprise- qui me rendent la vie vivable

mardi 21 juillet 2009

19 février

"papa was a rolling stone" georges Michael 1993



j'ai vécu dans un monde de "non-père", les dix premières années de mon existence. Il n'y avait rien d'horrible à cela. Je vivais dans un sud-frontière entre deux langues latines, dans un monde à plusieurs mères. J'appelle mère, ces êtres à fonction "nourricières", cette fonction multiforme qui irrigue votre perception et modélise votre imaginaire.
En ces années cinquante le monde était étroit, la terre encore plate même si déjà les hommes regardaient l'astre lunaire comme une prochaine destination. Les images étaient rares au mieux cinématographiques et quand vous viviez dan un petit village, vous saviez que ce n'était qu'un village et non ce village planétaire d'aujourd'hui.
Je dis souvent ce préambule quand je m'adresse à mes filles et justement elles me perçoivent comme un martien tant pour l'aînée, les années ante 1995 sont déjà le moyen âge.
C'est difficile d'amener ces nouvelles générations dans son ethno-musée, toucher ses peintures rupestres, conter ce qu'était ce temps.
On ne s'improvise pas pédagogue (ni père) à moins que ma nostalgie inconsciente produise ses effluves rébarbatives et dissuasives.
En écoutant georges michael dans cette année 1993, au chevet de "mon pére-qui-n'était-pas-mon pére", je n'imaginais pas cela.
J'étais à un moment de ma vie qui clôturait quatre décennies confuses, turbulentes, imprécises dont les intensités m'avaient le plus souvent tétanisé et mon esprit rêveur, peu enclin à la lucidité convoqué à cet étrange rendez-vous de choisir enfin un père.
De choisir entre celui qui s'était greffé à sa route, maladroitement mais avec constance et affection et le géniteur "secret", ombre parmi les ombres.
Et Georges Michael chantait "papa was a rolling stone"
Le mien ne l'était pas mais il avait été un père!

dimanche 5 juillet 2009

agosto la fine di



l'amour dans mon esprit ne saurait aller sans l'été et la mer. Très tôt j'ai connu l'été,
un été brûlant inattendu, un été qui dura près de 1800 jours égrenant le solaire et ces orages tropicaux qui lavent les corps et laissent à vif les blessures. Mon esprit maria rapidement lieux et ces circonvolutions des corps dans leurs étreintes atemporelles. C'est peut être cela le privilége de l'amour de s'inscrire dans son paysage, de l'irradier, c'est peut être pour cela que les baignades de ces étaient, les étreintes sous la lune, les nuits sans sommeil à guetter l'aube pour ce simple plaisir
d'avoir le premier partage du jour nouveau avant que le tumulte ne reprenne son cours, trament dans ma mémoire ce prisme perceptif qui en plein mois d'aout se fossilisa.
Les arrêts sur image vous laisse l'image inanimée et votre perception subit un curetage intempestif. Vous revenez sur les lieux désertées et les ersatz de la nostalgie vous glissent des relans menteurs. Les commémorations montrent vite ce côté trompeur d'un réel réifié, même dans la sphère des histoires d'amour. Mais l'idée de ces effleurements de lèvres, dans le clapotis méditerranéen, de cette chaleur habillant encore les corps sous les étoiles et découpant espace et temps à la mesure de la passion me convainc que le visage de l'amour a toujours ses paysages.

jeudi 25 juin 2009

agosto la fine



ce temps d'avant que les corps ne soient dénudés , ce temps où le désir courait dans la fragance imaginée des tissus froissés , ce temps où les mots frappaient à la porte des esprits en manque : de leurs illuminations.
Le désir chez moi est resté dans cet état de néoténie : fixé aux mots : ces sésames bouquets de délivrance.
Ai toujours été sensible aux voix, affirmées, hésitantes, graves, chantantes.
Mon oreille très tôt étalonnée à la plainte de la "nonna" ou de ses filles devint mon prisme perceptif premier. Ma mémoire est peuplée de séquences orientant mon savoir sur l'interlocuteur qui me fait face sur sa simple intonnation.
Quand je rentre dans la chambre 388, je retourne à mes années cinquantes, j'en ai été surpris d'autant que les intonnations de la langue espagnole différent sensiblement de l'italien de mon enfance et pourtant!
Je vois les larmes poindre sur son visage et la voix plaintive chercher du sens à cette émotion non contenue. Je ne dis jamais "ne pleurez pas", j'accepte les larmes comme une offrande : elles sont une offrande et demander à l'autre de les contenir serait lui dénier l'expression qui la traverse.
Je n'ai probablement jamais entendu cette épiphanie du discours amoureux qui vous méne à l'abandon; à l'extase. Peut être par ce qu'il ne suffit pas de prononcer des "je t'aime", peut être par ce que la délivrance du noeud gordien qui m'étreignait devait passer par autres subtilités. Fus séduit, il y a quinze ans par une femme qui avait simplement prononcer "je me sens devenir-femme".
Ai toujours pensé que la jouissance passerait par cette maïeutique inattendu de mots, de phrases qui dans l'entrechoc de leur énoncé me donneraient accés à cet espace de liberté où mon corps n'osait pas s'aventurer.
N'en dirai pas plus ce soir du 25 juin 09



lundi 22 juin 2009

today is an other day and tomorrow too



cette chanson de bob dylan est peut être celle qui correspond le plus à mon regard sur l'amour, les choses de l'amour. Ai tjs été marqué par ce registre, peut être par ce que l'étrangeté de ce domaine travaillait sournoisement mon être. Il m'a toujours été plus facile d'aimer que de sentir, ressentir de l'être. Le doute opérait un curetage radical. Ce que j'aime dans cette chansonnette demeure ses remarques marginales sur les effets de la rencontre, le passage d'un "je" au "il", tant dans la vie nous sommes souvent le spectateur de nos actes.
La poésie de Dylan m'a toujours saisi par sa simplicité sa justesse son ironie cette distanciation qui vous permet d'éprouver avant de ciseler un avis à l'emporte-pièce.




mais il y a aussi la passion chez Dylan, les méandres, les tumultes, l'effacement du temps, l'obnibulation et sa musique comme celles des manéges m'a tjs surpris par son côté virevoltant, pas une musique de danse une musique des trépidations de l'existence et le visage de l'aimée se grave dans votre esprit à ce tempo à jamais. Il me plait ce jour d'être vivant et d'écouter ces deux morceaux : inlassablement!

lundi 15 juin 2009

1969 septembre



souvent à la fin des concerts vous avez le chanteur qui vient présenter les membres du groupe sans qui etc. J'ai toujours aimé ces moments du "spécial thanks", ces moment où l'iceberg émerge un peu plus et vous donne à comprendre les parties et la résultante du show. Dans mon show, j'ai rapidement compris non tant la contribution des autres à mes choix mes engagements mais la certitude qu'à un moment de nos existences, la greffe de cette part d'eux a pris sur ma carcasse incertaine. la cellule familiale est loin d'être le seul pôle de l'évolution et pour ma part; elle demeura une cellule au strict sens du mot. Mais j'eus la chance d'avoir sur ma route des grains de sable qui eurent sur les mécanismes initiaux les effets qu'aujourd'hui je sais combien ils furent salutaires. Non pour faire carrière ou créer ou ou mais simplement pour me tenir debout, me lever, ouvrir les yeux puis l'oeil, essayer de penser, de ne pas brader cette frêle singularité que mes neurones et les épreuves m'ont aidé à façonner. Peut être est ce par ce que l'asservissement m'était insupportable que je mesure ce que j'ai puisé de mes rencontres , ce que je puise toujours.
Je crois surtout que le "special thanks" devrait s'énoncer au début du show, dès les premiers temps de la rencontre, un peu comme dans l'amour, autre show autour d'une rencontre d'une approche de la connaissance (là généralement on n'attend pas la fin , quoique!).
J'aime bien ce morceau de Jethro tull, sur le vinyle, je me souviens qu'il rendait bien, très coloré dans cet univers gris du Gaullisme finissant, les chantres du général avaient les oreilles basses et les roquets du néo capitalisme des rêves de roquets, Barco alternait ses gammes furieuses sur son electric guitar et les thèses sur la "révolution permanente" et moi j'écoutais les deux avec un penchant pour "song for Jeffrey".
Non la flûte ce n'est pas du pipo!