vendredi 6 août 2010

6 aout 2010 /The Cure - Friday Im In Love


j’avais baigné dans l’enfance dans une culture de superstitions nourrie de la vulgate catholique
d’un pièmont d’un autre siècle. La nonna m’en abreuvait au quotidien
si bien que l’idée d’avoir le “mauvais oeil” ne laissait aucun doute dans mon esprit chètif.
Mon côté obsessionnel n’arrangeait rien. Tout était signes, tout faisait sens.
Je me tricotais allègrement un putain d’enfer depuis l’instant-naissance mais je m’en accommodais.
La perte d’un oeil ne m’avait pas surpris outre-mesure, que ce soit le champ gauche m’alertait à peine.
Dans cet optique chaque jour m’offrait de nouvelles pistes.

Ce matin doucement réveillé par l’”iphone”et consultant négligemment la boite gmail, je fus attiré par ces mots “Liquidation Totale”. Nous étions en pèriode des soldes mais enfin!
Quelque part! Ne s’agissait-il pas ?
Me levais nerveusement, appuyais sur l’interrupteur, entendis un clic et la lumière ne fut pas.
Tout s’enchaînait avec cette ampoule grillée. J’étais déjà abattu.
Plus qu’à retourner au pieu, enfouir la tête sous l’oreiller.
J’étais dans l’univers de ph k dick sans la moindre pilulle et pas la moindre amphè pour me redonner du courage, je ne faisais plus de tractions depuis deux mois et sentis mes articulations craquer, je payais cash mon régime “despé”.
Tout s’accumulait, j’étais vieux, j’étais rouillé, j’étais chauve (là je m’en foutais),
“ma famille” avait implosait (mais là ce devait être un plus
pour chacun de ses membres (à part moi of course)
et là me revint la voix chantante de Jade qui s’écriait “papa, j’ai pitiè de toi”.

Un sourire m’irradia, nous étions dans la voiture, en route vers centre équestre de caissargues, la clim’ nous épargnait de la chaleur caniculaire et je délirais à haute voix sur la beauté des femmes, de la vie et dans l’esprit “monogame” de mes enfants, dans cet esprit si sage à l’aune “de celui de leur mère”, la dolce vita à ma sauce n’était qu’un délire de plus : “papa est fou, papa est fou” aimais je claironner pour qu’elles se familiarisent au bizarre de l’existence qu’elles auraient à côtoyer.
Etait on un père hors couple ? Mon sentiment était que ces rôles sociaux, père, mère n’avaient ni le même sens, ni les mêmes contenus quand l’amour dans le couple était éteint.
Restait pour l’un et l’autre le terme de géniteur et sa respective éthique de vie.
J’avais été élevé dans un monde femmes, ma grand-mère et ses filles et je n’ai jamais appelé ma génitrice “mère”. Je parle donc par expèrience.
Nous étions vendredi 6 aout, on commémorait du côté de l’empire du soleil levant, la destruction atomique d’Hiroshima et mon regard se porta vers très beau livre de Duras “hiroshima, mon amour”. Finalement j’étais chanceux j’avais évité 1945, je me mis à écouter les “Cure” Friday i’m in love!

mercredi 4 août 2010

27 aout /R.E.M. - Losing My Religion (Video)

“loosing my revolution”, mon esprit gagné par les notes de ce morceau de R.E.M.
visionne le corps qui vint vers lui. Toujours conquis. Mon esprit revisite le cheminement.
Lettre après lettre, voyelles et consonnes mêlées sans imaginer qu’elles feraient corps.
Un dire offert avant le faire.
L’amour est toujours buissonnier.
Vint vers moi entamée et femme fière.
Vint vers moi plonger dans mon regard la texture de son être.
Un être vous comble de présents en un seul instant, quand ses yeux appellent vos mains, quand ses lèvres délivrent plus que le sèsame.
La singularité de chaque rencontre ciselle le diamant qui brille en mon âme, facette après facette
envers et contre tout.
Vous êtes autre à vous même, converti, agenouillé, sphynx et prêt à marcher dans votre futur désert, abreuvé à la source et vos métaphores appauvrissent le réel.
Elle se disait “huguenotte” de culture et je n’en doutais pas.
Eus aimé qu’elle m’aima en langue d’Oc.
Eus aimé basculer en autre siècle, à l’entrée du désert.
Eus aimé perdre ma religion pour étreindre son être.
Et d’évidence ma folie dialogait avec cette quête menant mon être vers autre rive.
Cicatrisa son âme. Sa religion était autre, de ce temps nouveau où son être de femme
avait d’autres taire à ensemencer. 
Elle partit d’un pas assuré et le vieil homme en moi ne fit rien pour la dissuader.

mardi 3 août 2010

23 juillet 2010Cocteau Twins ; Pandora


déjà nazz après ces premiers kilométres me demandant quel week end se dessinait
bricolage, face à face avec ma mère, rencontre avec amie chère.
La chaleur me décalquait asséchant mon oeil borgne, aride comme un puits sans eau. Je vidais des doses de sérum phi sous le regard goguenard de quidam ignorant la tradition. Parfois la vision mononucléaire tramait dans mon esprit comme un effacement hémiplégique de ce côté gauche. Depuis six ans maintenant je me coltinais avec un monologue quotidien qui commençait toujours par l’énumération de ce que je découvrais au matin.
C’est étonnant combien un handicap peut booster votre existence ou du moins la mettre en question : ceci dit, ne vous tranchez pas la main pour tester l’éventuel développement d’un autre sens.
L’idée de perdre la vue m’habitait depuis ce mois de juillet 2004. Elle me paniquait toujours autant laissant mon esprit comme un champ de mines où je n’osais plus m’avancer. Dans ma fuite en avant j’avais acheté une saab, histoire de prendre un peu de plaisir à conduire avant de ne plus pouvoir. Je venais pour la première fois de la cabosser en ne voyant pas autre véhicule, ô rien de grave, seul ce seuil d’alerte qui me disait : le temps se rapproche. Le concessionnaire (au demeurant mal organisé) m'avait puni en me privant du bijou me le troquant pour un "pot de yaourt" dixit sa collaboratrice.
Enfin j'étais à Lançon et je lorgnais sur les menus de ce “quick” me demandant si j’allais rester fidèle au long chicken que m’avait fait découvrir severine, un jour de juin 1994, ou si la rupture consommée me glissait vers une salade composée.
Je cherchais une caisse libre, intrigué par l’agitation d’une femme tentant de répondre à la sonnerie intempestive de son téléphone. Ce qui m’attire souvent tient moins au profil des gens qu’à des faits anodins qui projettent un éclairage inattendu. Je la connaissais. Rien qu’à la voir se contorsionner pour fouiller dans son sac, sans même voir son visage ; c’était Natacha.
L’envie me prie de taper un sms style “je ne te conseille pas le long chicken” mais la vivacité de la danseuse ou sa fébrilité à répondre et à chercher Eva dans le périmétre, nous mirent trop vite face à face.
Bien sûr nous épiloguèrent sur la probabilité que deux êtres partant d’un même point en des temps différents se retrouvent au point “Q” (là je vous arrête, il s’agit simplement de géométrie dans l’espace, je ne peux pas mettre KFC quand même).
S’il est un être qui vaut tout les détours, c’est bien Nat. Ce n’est pas une question de beauté (indéniable) mais une question de “liberté”. Cette manière de ne pas transiger sur ce qu’elle juge essentiel dans sa vie, dans son art, dans ses relations. Les épreuves ne l’épargnent pas pour autant, elle s’y engage et tient le cap comme une navigatrice solitaire .
Là en l’occurrence, elle n’était pas seule, accompagnée d’une jeune femme en plein débat
avec sa jeune fille dont la vivacité d’esprit et de réparties m’incitérent à penser qu’être parent se devait d’être subtil.
Les mères et leur filles reprirent leur trajet vers Nice et la Corse tandis que je montais dans la corsa pour une destination un peu moins balnéaire.

SI LA DANSE VOUS TENTE ET SI NÏMES EST VOTRE RéSIDENCE :
Alors frappez à la porte de "Danse à Nîmes" et vous serez conquis(e)!

3 aout change your mind




mon esprit fou vide ses aigreurs sur des carnets secrets. Il n'y a pas de gentil garçon.
Les blessures d'hier coulent à vif dans ces épanchements "ah si nos vies".
Genou à terre.
Terminer carrière en orthopédie.
Tout est dit!
Aimer des femmes /en haïr d'autres : lemme premier.
Pas une vie me direz-vous!
Toute une vie, bien au contraire.
Dans le silence je questionne mon surmoi qui m'évita (jusqu'à présent d' être un assassin ou un psychotique).
Je mets un cierge à mes pieds et dans les volutes de la flamme,
j'observe les torsades d'une vie à chercher
des points cardinaux où mon être faute de s'exprimer pouvait slalomer.
Certains cherchent à être aimés,
j'essayais de comprendre cette notion de rejet.
R majuscule dans son symbole moléculaire,
greffé à chaque molécule de mon être.
Les proverbes de grand-mère disaient "il n'y a pas de fumée
sans feu". Ce sentiment de Jean bon fumé me collait à la peau.
Je ne cherchais plus l'homme que je souhaitais être : je l'étais!
Avais traversé suffisamment d'épreuves pour savoir.
Ma vue mononucléaire était devenue sur ce plan dès plus nette.
Il ne m'importait plus d'être maladroit, distrait, rêveur, nonchalant, dépensier,
cigale, rancunier, intolérant, peine-à-jouir, irrévérencieux, vulgaire (parfois),
mysogine, mysandre, mysanthrope, branleur, insolent, désespèrement sans humour,
full of haine de soi, déviant, a moral mais pas sans éthique d'être!
Mon seul désir, vertébral était de rester debout
jusqu'à mon dernier souffle.
Le minimum pour un as en ortho!

lundi 2 août 2010

2 aout 2010 "Canned Heat - Going up the "





depuis une éternité ne m'étais trouvé avec un mois de temps libre. Sommes allés hier soir voir le "le dernier maître de l'air "avec Jade. La séance tardive me bascula dans le sommeil quand les forces de la terre se réveillaient, Jade étreignait ma main quand la peur la saisissait murmurant des "tu dors papa". Papa s'assoupissait!
L'idée de ce blog commence à changer.
Ecrire des traces sur le flux immatériel de cette conscience en ligne. Le temps  wharolien revisité : non pour une laisser quelque empreinte mais ensemencer de mes mots ce bref passage et ces émotions qui m'ont rendu humain, plus humain parfois.
Je suis encore vivant!
Les êtres qui peuplent ma mémoire sont en vie
là auprès de moi dans cet espace de ma conscience qui nous relie.
Ma force de vie : leurs présences en moi
"going up the country.....

mardi 27 juillet 2010

juillet 27

j'étais allé à la fnac avec Jade, elle pour "pink" et moi pour ce film d'almodovar "la loi du désir".
Mon esprit gambergeait sous autres latitudes, trituré par une phrase : "faire le deuil de ce que l'on n'a pas obtenu". Je pensais aux êtres que j'avais aimé dans un mouvement unilatéral , qui m'avaient offert "part d'elles-mêmes" dans cette propension à se surprendre, à ressentir quelques frissons de l'esprit, juste pour se dire "j'y ai goutté". Je savais bien ce qui me captait dans ces êtres, ce besoin de garder les apparences clean. Enfouir leur propre folie, la taire surtout, la contenir dans le lit d'un cours tranquille.
Ne me dirent jamais les motivations profondes à venir buter sur mon corps et ce silence résonne comme la clause de l'échange, enterrer tout futur.
Les êtres qui m'ont aimé. Les êtres qui m'ont dit les raisons de leur amour partageaient avec moi un principe d'incertitude de l'origine. Non pas forcément cette étrange bâtardise qui me fonde mais une blessure irréversible d'être nées à contre-jour. Pour certaines, la négation, ce curetage qui faute d'entamer la chair s'abattait sur toute forme de reconnaissance, pour d'autres l'abandon comme sceau d'un mépris indicible. Nous parlâmes moins de nous-mêmes que des galaxies de nos écosystèmes. La primauté du corps clamait son évidence dans le frôlement des silex. Parfois l'étincelle, le feu et des braises toujours chaudes au détour du temps.
Et la beauté de leur résilience incendiait tout mon être incapable de percevoir ce qui nous liait, incapable de ressentir ce partage des épreuves, mais recherchant dans nos enlacements, une raison d'être.
Il faut laisser à chacun sa liberté, sa liberté de se tromper aussi.
Il faut admettre que nos existences recèlent trop de mystères, que nos inconscients
comme d'anciens deltas recueillent tous les limons des eaux depuis l'instant naissance,
et notre libre-arbitre et nos désirs tressent nos devenirs sous haute tension.
J'ai parfois confondu amour et sauvetage. On peut attendre le sauvetage d'autrui, comme un de ces messies qui peuple tant d'histoires. Mais l'amour ne saurait être une cueillette,
il reste l'épreuve de la co-naissance.




Tout comme les non-dits, l'absence du désir dans une relation n'atteste que de sa désagrégation

lundi 19 juillet 2010

19 juillet 2010

Dans le monde hétérosexuel, les filles s’interrogent plus que les garçons. 
Sur elles-mêmes et sur les garçons. Il faut dire que la féminité, cet éternel féminin, est un passage obligé pour chaque jeune fille dans son dialogue in senso avec l’image de l’autre femme (souvent la mère : là lire daniel sibony devient  judicieux). 
Bizarrement je ne compris l’enjeu que tardivement vers ma quarante deuxième année dans une anodine discussion à une table où j’avais été inopinément invité.
Il y avait là une jeune femme de douze ans ma cadette qui émit l’assertion suivante “je me sens devenir femme”. Et bien ce groupe de mots changea mon existence. Happant ma curiosité au point de me lancer dans une campagne de marketing direct (j’exagère à peine) pour la retrouver et tenter d’approfondir cet horizon dévoilé. 
Pour son malheur (me dira-t-elle plus tard) sur les choses de l’amour, j’étais un garçon plutôt efficace! Mais la question qu’elle m’aida à me reposer était “ est ce que je me sentais devenir un homme” ou avais-je un devenir homme. 
J’avais peut être un “devenir loup”. Si ma compagne (qu’elle devint eut été devin, elle m’aurait sorti dans un de ces accès de grande “liberté” : ouais (non elle n’aurait pas dit ouais) un homme invisible!. Permettez-moi de ne pas (ce jour )m’épancher sur les méandres de ces quinze ans de traversée. 
L’idée qui me mordait la nuque est d’un autre ordre. 
J’étais ce soir sur la terrasse de cette maison familiale que je nomme “gynécée”- 
non jean essais- : çà c’est un autre truc de filles! 
Et une profonde tristesse comme un manteau me recouvrit, je ne vous dis pas la chaleur. 
Je regardais les lieux où l’herbe gagnait et me mis à recenser tout ce qui restait à faire et je sentis qu’un vent avait poussé au loin mon sentiment de responsabilité, que les courroux, les mots de trop comme un vaccin tardif m’inoculait cette étrange indifférence qui m’avait gagné sur le territoire même de mon enfance.
Nomade, no mad quand on vous signifie que votre place n’est pas là c’est parfois une offrande que l’on vous fait, Une ouverture vers un ailleurs qui ne serait pas un mauvais “fix”.
J’ai toujours craint les femmes qui critiquaient les hommes pour leur dire après (tout bien pesé et frayeurs assoupies) “qu’on les aime ces cons”. 
J’ai toujours détesté les relations fondées sur le double-bind : ce dire je t’aime pour je te hais, n’est ce pas cela “aimer ces cons”! 
Là j’avoue c’est de l’ordre du manifeste féministe “aimer le con des hommes!
je ne devrais pas rire.
La mère de mes enfants vous dirait que je n’étais pas un homme de caractère : tout juste son eunnuque (rien à voir avec euh nique ta mère).