6 aout 2010
À Cannes avec Jade, travaux et plage au programme, sauf que les travaux risquent d’être vraiment longs.
That ‘s life!
Ai dû faire mon autocritique, des gaines passaient bien au niveau du sol et en plus, j’ai du faire le boulot!
Comme d’hab, mal, les gaines affleurent, un bricolage des années 80.
Marie Jeanne, ma génitrice, exulte! “Je te l’avais dit”.
Du haut de ces 87 ans : Mémoire du long terme ok, me suis contenté de diagnostiquer.
Je me sens étrangement zen ce soir!
La saab, À peine sortie du carrossier est déjà rayée.
Bref moment de colère style “espèce de baaaaatard”
et puis retombée du sombrero, le soleil,
ce sentiment d’être vivant sous le soleil et tout mon être s’est laissé gagner
par l’offrande chaude de l’astre.
Me suis offert une veste en daim, une envie pressente,
un gout nostalgique qui reste À ma peau, cette peau.
Elle portait un long manteau en daim comme dans ce film d’ennio morricone
“le bon, la brute et le truand” et sous le manteau,
sa mini-jupe même matière, l’eden À portée de main.
Elle m’offrit l’Eden et la pomme et de la vie, la ligne.
Elle avait quatorze ans, ignorait qu’elle allait mourir six printemps plus tard.
J’ai reçu mes premières leçons de vie d’une maîtresse qui m’accompagne toujours.
Comme une vesta au fond de ma mémoire qui veille sur ce feu qu’elle m’a transmis.
Je tape ces lignes tandis que Jade tente un exercice d’adresse : édifier une “tour de Babel”.
Très étrange, elle ignore que son second prénom Shinéar,
est le lieu même où fut élevée ce défi au divin.
J’ai toujours souhaité la présence d’un nom de cité dans le prénom des filles
pour augurer d’une rêverie a temporelle
qui les transporterait et ensemencerait leur esprit
de bouquets de questions.
Jean marri quant À lui perdit la tête.
Nous écoutons de la musique, “miss sarajevo”.
Jade a entrepris de dessiner. Il est près de minuit “pas sommeil” dit elle en se frottant les yeux
“here she comes” chante U2, mais je vois bien que le crayon a sommeil.
7aout
Jade dort travaux suspendus.
Mais quels travaux entreprendre?
Au départ il ne s’agissait que de retirer une vieille moquette. Le réagréage du sol reconsidère la question.
Mes démêlés avec ce lieu reprennent.
Un dialogue avec l’origine, un espace-miroir du mensonge fondateur.
Comment bâtir en zone séismique?
J’ai vécu tant de fois en ce lieu : au début avec ma grand-mère, puis ma tante
et le frère de ma grand-mère “Bartolomeo”, le premier homme dans mon champ de vision,
puis Marie-Jeanne de temps À autres, puis avec “Marcel, mon beau-père”, présenté comme mon père.
À la mort de Patricia en aout 1975, je revins en ce lieu
vivre auprès de ma grand-mère dans sa quatre vingtième année,
ivre de tristesse depuis la mort de sa cadette en 1972
et laissant emporter son esprit dans le rhum agricole jusqu’au delirium tremens!
Étrange dialogue de nos deuils juxtaposés : le mien À taire, le sien À écouter
en marge de notre famille, dans le cloitre de ce lieu, réceptacle de tant de larmes.
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